Capharnaüm 4 : Phantasmes
Revue de créations libres
210x290mm, dos cousu main, 56 pages, noir et blanc sur papiers Oikos, Curious Translucent et Rives Tradition.

Le fantasme est né du mélange du phantasme -hallucination- et de la fantaisie. Loin de se réduire aux mièvres rêveries érotiques machistes dans une société qui en entretient le mythe, ce mot désigne une fixation mentale, une sorte de croyance sans fondements réels qui dépasse la raison et peut conduire à des actes démesurés.

Loin d’être taboue, la sexualité fut exclue du sujet afin de contraindre l’imagination de nos auteurs, pour n’en garder que la lubie créative, l’utopie rêvée, l’amour-sentiment. Nous n’irons pas jusqu’à Freud, nous nous arrêterons aux petits et grands fantasmes de tous les jours, ceux vécus, voulus, espérés, retrouvés, de nos artistes.

Le fantasme de l’enfance fut convoqué le premier, certains ensuite ont répondu par le désir ou la souffrance souvent traités avec ironie, tout en bizarreries ; d’autres encore ont préféré contourner le mot par l’image, par le jeu. L’ensemble (re)construit un monde, vous naviguerez sur des terrains inconnus mais jonchés d’images collectives, pour ressentir l’étrange, le plaisir, l’envie ou le dégoût.

Témoignages exacerbés de la vie -ou de la vision de- en cette année à l’actualité morose, les fantasmes de nos auteurs sont guidés par leur humeur, leur écriture propre, leur identité. C’est pourquoi le sujet, le fantasme sans forme érotique, semble tout à fait correspondre à notre revue collective. Quoi de mieux que la liberté de création pour exprimer nos rêves souvent empreints d’une pointe d’utopie, sans se préoccuper des interdits. Quoi de mieux que des opinions personnelles pour construire un Capharnaüm aussi éclectique que nos fantasmes, guidé par l’inconscience, et riche d’expressions textuelles et visuelles. Le constat n’est pas gai, mais pas complètement dépourvu d’espoirs, même si les plaisirs fantasmés sont ceux qui paraissent s’écarter encore plus de la probabilité.

Le fantasme remplace ici le conte pour enfants, il est adulte mais immature, amoureux mais non érotique, cruellement réel dans l’imaginaire qu’il provoque, beau dans sa folie et la déchéance où il nous entraîne. Aussi, et surtout, fantasmer débride la créativité des artistes qui ont investi ces pages pour pénétrer nos cerveaux de lecteurs, déclencher de nouveaux scénarios et se mêler à nos propres fantasmes…

Chloé Bergerat

capharnaum les insomniaques
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